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Rappel des principes laïques pour
une laïcité ni ouverte ni fermée mais rassembleuse : tous les musulmans
ne sont pas des islamistes
Il s’agit d’appliquer
fermement et sans esprit de vengeance les principes laïques, de distinguer le
domaine public notamment dans les services publics où la neutralité des
agents est de mise, de l’espace public (rues, places…) et privé où
l’affichage religieux ou politique n’est pas interdit sous réserve de ne pas
entraîner un désordre public dans des termes définis par la loi commune.
Quelques principes laïques devraient être consensuels pour les athées, les
agnostiques, les indifférents aux choses de la religion (très majoritaires
dans la société française) et les croyants, toutes religions confondues :
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« Nul citoyen ne doit être contraint de financer un
culte qui n’est pas le sien » selon le décret de ventôse de l’an III
de la République.
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La liberté absolue de conscience dont la liberté de croire ou de
ne pas croire prime sur toutes les autres libertés.
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L’égalité de droit sans distinction de conviction.
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L’illégitimité de la domination des croyants sur les athées.
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Le respect des personnes est à distinguer du droit à critiquer,
caricaturer toutes les conceptions métaphysiques religieuses ou athées.
Ainsi, l’islamophobie, la christianophobie, l’athéophobie… sont des opinions
et non des délits. Par contre les discriminations à l’emploi, dans le
déroulement de carrière, dans l’accès au logement sont à combattre.
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La laïcité est universaliste et non différentialiste sans
interdire la singularité de chaque personne.
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La laïcité est un levier qui permet l’émancipation, qui libère
et affranchit les femmes, les hommes, les athées, les croyants, est un
antidote à tout enfermement communautaire.
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La laïcité suppose la préséance du bien commun pour toutes et
tous sur les intérêts particuliers.
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La laïcité n’est pas un athéisme, n’est pas une option
spirituelle. Une République athée n’est pas plus laïque qu’une République
théocratique qui favorise une religion.
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La laïcité est par essence anticléricale en ce sens que les
activités des clergés et l’expression publique des représentants des
religions ne dérangent personne mais la faculté du clergé d’imposer une loi à
partir d’une foi ou de contrôler l’espace publique est inacceptable.
Extrait
de l'article de Philippe DUFFAU,
dans ReSPUBLICA du 1° décembre 2020
Consulter l'article en entier :
http://www.gaucherepublicaine.org/debats/face-aux-surencheres-laiques-quelques-reflexions-actuelles/7418576
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